Scolarisation des autistes : la France condamnée une 2ème fois par le Conseil de l'Europe.

Scolarisation des autistes : la France condamnée une 2ème fois par le Conseil de l’Europe.


C’est la deuxième fois que la France se fait accuser par le Conseil de l’Europe de ne pas respecter ses obligations à l’égard des enfants autistes et plus précisément de se délaisser de leur éducation.

Cette nouvelle condamnation publique par la haute institution qui regroupe 47 Etats européens n’est pas à prendre à la légère.

Le Conseil Européen estime qu’il y a violation de la Charte sociale européenne en matière de scolarisation des enfants autistes, pis, il accuse la France d’inertie et de préférer le système qui consiste à contribuer financièrement au déplacement des enfants et adolescents autistes de nationalité française en Belgique au lieu d’investir dans l’Hexagone pour les familles qui n’ont pas les moyens de se déplacer.

Cette condamnation et cette mise en évidence de l’inertie de la France en la matière va à l’encontre du message des autorités gouvernementales qui mettent en avant trois « Plans autisme » mis sur pied depuis 2005.

Pour rappel, déjà à cette époque, ce plan autisme avait vu le jour suite à une première condamnation de la France par ce même Conseil de l’Europe.

De l’eau a coulé sous les ponts et en 2013, moment du lancement du 3ème plan autisme, Marie-Arlette Carlotti déclarait alors officiellement que la France avait décidé d’investir massivement dans la formation et le renforcement des dispositifs en psychologues et en éducateurs spécialisés. Une somme de 250 millions d’euros y était alors consacrée.

Un flop manifestement car pour le Conseil de l’Europe, le lancement d’un troisième plan alors que les deux autres n’était pas encore complètement effectifs a retardé les résultats.

La haute institution déclare également qu’après une période d’inaction programmatique de trois ans, ce plan français repousse la réalisation des objectifs nouvellement assignés jusqu’en 2017. ce qui est est totalement déraisonnable.

De plus en ce qui concerne le budget qui y est alloué, le Conseil estime que la somme qui a été décidée est purement et simplement trop faible que pour apporter une solution à la problématique française.

Bref, un report de l’accessibilité en France malgré les principes édictés dans la loi de 2005, un scandale trans-frontalier sur le placement des jeunes français en Belgique, une deuxième condamnation par le Conseil de l’Europe en matière de scolarisation des enfants autistes… on ne peut pas dire que la France sorte la tête haute en matière de politique aux personnes handicapées.

On attend la réaction des autorités face à ce bilan peu glorieux mais ne passeront-elles pas plus de temps à essayer de justifier l’injustifiable plutôt que de « se retrousser les manches » afin d’obtenir cette fois-ci des résultats majeurs et concrets ? C’est ce qui est à craindre.


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Philippe Steinier a publié 3325 articles dans le blog Handimobility..

Président association Handimobility. Economiste - Licencié en sciences sociales

Article publié le : 06 février 2014 dans la catégorie Enseignement & Travail,Institutionnel & Droit,Santé & Médecine

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