Nazisme et handicap : la mémoire des victimes.

Extrait d’un article paru sur le site de Yanous, il est pénible mais aussi nécessaire de se replonger dans les ténèbres de l’histoire pour ne rien en oublier en cette période ou certains semblent frappés d’amnésie.

Vous trouverez ici les passages les plus frappants mais je vous invite à lire l’intégralité de ce texte dont vous trouverez le lien à la fin de cet article

« De 1933 à 1945, Adolf Hitler et ses séides ont mis en pratique une politique d’hygiène raciale qui comportait sa case Handicap. Dès le 1er janvier 1934, quelques mois après avoir pris le pouvoir, le Parti National Socialiste allemand mettait en oeuvre cette politique qui instaurait la stérilisation systématique des personnes ayant un handicap d’origine congénitale : surdité, cécité, maladies mentales, malformations physiques, épilepsie… Le nazisme ne réservait ni place ni rôle aux personnes handicapées : considérées comme improductives et inutiles, elles constituaient une charge pour une Allemagne à laquelle une tâche était assignée, dominer le Monde et lui imposer une économie capitaliste de type nouveau. »

 » La population allemande était endoctrinée pour accepter ce « traitement » des personnes handicapées. A l’école, ce problème d’arithmétique était, par exemple, soumis aux élèves : « Un malade mental coûte quotidiennement environ 4 Reichsmarks, un infirme 5,5 RM, un criminel 3,5 RM, un apprenti 2 RM. Faites un graphique avec ces chiffres. D’après de prudentes estimations, il y aurait en Allemagne 300.000 malades mentaux, épileptiques, etc. qui reçoivent des soins permanents. Calculez combien coûtent annuellement ces 300.000 malades mentaux et épileptiques. Combien de prêts non remboursables aux jeunes ménages à 1.000 RM pourrait-on faire si cet argent pouvait être économisé ? ». Mais le fondement « scientifique » de la politique nazie se trouve chez des tenants du darwinisme; c’est le cas dans l’ouvrage publié en 1920 par le juriste Karl Binding et le psychiatre Alfred Hoche, « Une vie sans valeur de vie ». Ce qu’Adolf Hitler traduira dans « Mein Kampf » : « La nature ne destine à vivre que les meilleurs et anéantit les faibles… ».

« Le programme d’extermination des handicapés et malades mentaux commence en 1940, ce sont des médecins qui ouvrent le robinet dans les chambres à gaz camouflées en douches… »

« Ce procédé prenant trop de temps, il fut remplacé lors de la seconde vague d’extermination par l’ensevelissement en fosses communes camouflées en simples tombes. Durant la première année (1940-41), plus de 70.000 personnes furent ainsi exterminées… ».

« Et en France ? Il sera important de savoir comment les Français se sont comportés en la matière durant les années d’occupation et de collaboration avec le régime nazi. Il est avéré que 50.000 malades mentaux internés en hôpitaux psychiatriques sont morts de faim entre 1940 et 1944. Mais la polémique n’est pas tranchée : volonté délibérée des autorités de laisser mourir ces internés ou résultat de la désorganisation de l’État, de la pénurie de ravitaillement et du délaissement des malades de la part des soignants ? Dans le même temps, il n’a pas été constaté d’augmentation significative de la mortalité dans les hôpitaux généraux. Mais il s’est bien produit un phénomène redoutable, et il appartient aux historiens de le définir et d’en tirer les enseignements. Auront-ils ce courage ?… »

Retrouvez l’intégralité de cet article sur : http://www.yanous.com/news/focus/focus051118.html

Retrouvez l’article original sur l’ancien blog

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Philippe Steinier a publié 3325 articles dans le blog Handimobility..

Président association Handimobility. Economiste - Licencié en sciences sociales

Article publié le : 23 novembre 2005 dans la catégorie Institutionnel & Droit,Société & Opinions

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