Menaces de mort : Atos chargée de revoir les dossiers handicap en UK jette le gant

Menaces de mort : Atos chargée de revoir les dossiers handicap en UK jette le gant


Atos, ce nom est bien connu en Grande Bretagne. Cette société société française de services informatiques a été chargée par le gouvernement du Royaume-Uni d’évaluer le degré d’invalidité des personnes réclamant des prestations sociales au titre d’un handicap ou d’une maladie.

Nous écrivions déjà en juin 2012 un article consacré à ATOS qui voyait sa mission devenir extrêmement controversée, accusé par certains groupes de pression d’être à l’origine du décès de plus de 1.000 bénéficiaires qui avaient perdus leurs prestations sociales suite à cette révision.

Deux ans après, la situation est loin de s’être améliorée. Pour preuve cet article paru dans les Echos.fr qui fait part de la demande adressée par ATOS au Gouvernement Britannique de mettre fin à ce contrat d’évaluation avant le terme prévu, c’est à dire août 2015.

La raison en est très surprenante mais sans aucun doute très symptomatique de la manière dont notre société évolue en intégrant les réseaux sociaux comme vecteurs de communication. Mais quelle est en fait cette raison ?

En réalité, Atos déclare qu’une grande partie de ses 2.000 employés qui travaillent dans le cadre de ce contrat spécifique ont reçu des menaces de mort, via les réseaux sociaux Twitter ou Facebook voire même en personne. Atos aurait calculé que ses équipes étaient insultées ou agressées en moyenne 163 fois par mois l’an dernier.

La situation était sans aucun doute prévisible car le gouvernement de David Cameron a durci sa rhétorique contre les tricheurs aux allocations sociales dans le cadre de son plan d’austérité.

Or, si certains cas étaient sans aucun doute justifiés, cette traque semble, d’après ses détracteurs politiques et les allocataires, avoir quitté depuis un certain temps le cadre normal de recherche pure des fraudeurs. Les tests seraient surtout menées pour éliminer un maximum d’allocataires sociaux des fonds publics.

Il semble bien que les tests appliqués soient devenus plus que contestable. En effet un tiers des évaluations d’Atos qui ont permis au gouvernement de décider qu’une personne était suffisamment en forme pour travailler (et ne méritait donc pas les aides sociales) ont été invalidées en appel. Ce n’est pas rien.

L’application de ces tests dépassés ( comme qualifié par Atos elle-même ) a projeté des milliers de personnes dans la misère la plus noire. Ce résultat social terrible est à l’origine des menaces de mort qui touchent les employés de Atos.

L’arrêt de ce contrat couterait à Atos 100 millions de livres par an. Tout n’est pas encore décidé car on attend maintenant la réaction du Gouvernement Britannique.


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Philippe Steinier a publié 3325 articles dans le blog Handimobility..

Président association Handimobility. Economiste - Licencié en sciences sociales

Article publié le : 21 février 2014 dans la catégorie Institutionnel & Droit,Société & Opinions

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