Les scooters pires ennemis de l’accessibilité aux fauteuils roulants ?

Portique_Nohandicap.jpegC’est une question légitime qui se pose à bon nombre de personnes handicapées qui circulent en fauteuil roulant tant manuel qu’électrique.

En effet si certains scooters sont conduits par des conducteurs civiques et respectueux, force est de constater que de plus en plus de conducteurs inciviques liés parfois à la fougue de la jeunesse utilisent n’importe quel endroit pour s’amuser ou utiliser leur petite « monture ».

Face à cet incivisme, aux nuisances et au danger que représentent ce type de conducteur immature, les autorités sont de plus en plus tentées de mettre en place des portails ou des obstacles urbains devant bon nombre de rues piétonnes, sentiers, chemin touristiques etc… pour interdire l’accès à ces scooters parasites.

Le problème est que si un scooter est interdit d’accès, celui-ci le devient aussi pour les fauteuils roulants. les personnes handicapées paient donc la note pour ces conducteurs inciviques.

Le dernier exemple est illustré par l’installation de portiques de sécurité devant certains immeubles à appartements empêchant tout accès ou toute sortie autonome des personnes en fauteuil roulant et ce en totale infraction avec la loi qui spécifie que :  » la circulation des personnes handicapées doit se faire sans obstacle depuis la voirie jusqu’à l’entrée de l’immeuble « .

Joël Nekkab, représentant départemental de l’Association des paralysés de France, se déplaçant lui-même en fauteuil roulant se retrouve aussi par exemple victime d’un tel portail. Même si les concepteurs du système ont prévu un endroit spécifique pour le passage d’un fauteuil roulant, il apparaît qu’en pratique cet espace se révèle trop exigu pour certains modèles, notamment électriques, mais si vous avez la chance d’atteindre cette zone spéciale, il apparaît que la majorité des handicapés n’a pas le bras assez long pour appuyer sur le bouton qui déclenche l’ouverture de la porte principale de l’immeuble. Ce système présente aussi une dangerosité certaine en cas d’incendie, d’évacuation ou de passage de brancards !

Il n’y pas nécessairement que les utilisateurs de fauteuils roulants qui sont pénalisés mais aussi les personnes âgées avec tribune ou simplement avec difficultés de marche, les propriétaires de vélos, les mères avec les poussettes etc… En gros, c’est la mobilité de toute une partie de la population fragilisée qui est mise en cause voir impossible par ces contraintes architecturales complémentaires.

Faudra-t-il maintenant que les personnes handicapées paient une fois de plus la note des conducteurs inciviques ? Après les squatteurs des places de parking réservées, voici que les scooters inciviques viennent encore plus limiter l’autonomie et la liberté de déplacement des moins valides !

Ne serait-il pas plus évident pour tous de songer au retrait de permis simplement ? Le procédé a l’air sévère ou extrême mais au vu de la privation de liberté de mouvement d’une partie de la population la réponse est : non !

Le scooter incivique deviendra-t-il rapidement le pire ennemi du handicap ? Le chemin en semble tout tracé !

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Plus à propos de Philippe Steinier

Philippe Steinier a publié 3325 articles dans le blog Handimobility..

Président association Handimobility. Economiste - Licencié en sciences sociales

Article publié le : 06 octobre 2009 dans la catégorie 2009,Auto-car-moto,Discrimination,Transport

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