Les handicapés français chassent-ils les belges de leurs propres institutions ? Non, la faute à la Région wallonne !

Belgique_France.gifIl est de notoriété publique et un fait confirmé tant par les médias que par les politiques qu’un grand nombre de français sont admis dans les institutions d’hébergement pour personnes handicapées en Belgique.

Actuellement, environ 6.500 personnes handicapées de nationalité française comprenant surtout des autistes et des polyhandicapés sont hébergées en Wallonie. Parmi eux, près de 3.000 enfants sont accueillis dans l’enseignement spécialisé de la Communauté française.
La région la plus touchée vu sa très grande proximité avec le Nord de la France est la Wallonie picarde.

La raison principale pour laquelle les français envoient leurs enfants handicapés en Wallonie réside au fait que dans l’Hexagone, on n’identifie pas les troubles du comportement comme un handicap contrairement à la Belgique. Il n’est donc pas possible de trouver une institution pour ces enfants dans leur propre pays ce qui explique en grande partie cet « exode ».

Enormément de parents de jeunes handicapés se plaignent que les français occupent des places « nationales » ce qui engendre le fait anormal que les enfants belges ne sont plus admis dans leurs propres institutions faute de places libres. Environ 700 handicapés belges seraient dans cette situation.

En y regardant de plus près, on constate que si le quota de français diminuait dans ces institutions spécialisées, on n’admettrait pas plus de belges qu’actuellement ! La raison ? Trop peu de lits sont subsidiés par la Région wallonne faute d’un budget suffisant !

Les instituts sont généralement créés et mis en activité par des Belges sur le territoire belge et ils obtiennent, faute d’une possibilité nationale, des subsides de fonctionnement de la France. Les Belges peuvent entrer dans ces instituts, mais comme la Région wallonne ne subsidie de toute façon pas plus de lits, ce n’est pas possible pour les parents belges d’y faire entrer leur enfant handicapé car le coût est trop important.

On se trompe donc de cible et de combat en parlant de « préférence nationale ». Ce qui constitue le réel problème et qui est choquant, ce n’est pas tant que certains instituts soient à 100 % français, mais c’est surtout l’inaction de la Région wallonne. La seule solution qui permettrait de sortir de cette situation anormale serait de mettre de l’argent sur la table, d’ouvrir les vannes des subsides mais évidemment, par les temps qui courent, la crise économique et les restrictions budgétaires, cette situation risque bien de perdurer des années et le problème ne touche pas que les handicapés mais est semblable pour les personnes âgées.

Il est donc faux de dire que les Français prennent la place des Belges. Au contraire et paradoxalement, en subsidiant une grosse partie de ses résidents, l’Etat français entretient aussi à sa manière les bâtiments belges et maintient l’emploi dans le secteur social belge.

Un retour des français au sein de leur pays aurait pour conséquence immédiate la fermeture de bon nombre d’établissements pour des raisons budgétaires évidentes, une cohorte de belges se retrouveraient au chomâge et les handicapés belges n’auraient encore aucune chance d’être admis dans ces institutions faute de budget alloué par leur propre région !

Les problèmes ont parfois des causes bien différentes de ce qu’une simple situation semble indiquer… La balle est donc dans le camp de la région Wallonne mais elle ne semble pas devoir être remise en jeu très rapidement faute d’Euros disponibles !

( Sur base d’informations parues sur http://www.lalibre.be/ )

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Philippe Steinier a publié 3325 articles dans le blog Handimobility..

Président association Handimobility. Economiste - Licencié en sciences sociales

Article publié le : 19 novembre 2009 dans la catégorie 2009,Discrimination,Institutionnel

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