Les consommateurs grugés par des marges exorbitantes sur les lunettes ?

Les consommateurs grugés par des marges exorbitantes sur les lunettes ?


Le cri d’alarme vient d’être poussé dans une étude publiée par l’UFC-Que Choisir, qui pointe du doigt les dérapages tarifaires des opticiens qui s’assurent des marges exorbitantes de parfois plus de… 300 %. Cette étude démontre qu’à 470 euros la paire, la France est manifestement le pays d’Europe où les lunettes sont en moyenne les plus chères.

Selon l’UFC-Que Choisir un équipement (verres + monture) est vendu en moyenne 393 euros hors taxes ( soit 470 euros TTC) ce qui représente 3,3 fois son prix d’achat. L’opticien dégagerait donc une marge brute de 275 euros sur chaque paire soit un taux de marge de 233 % qui atteint même 317 % en moyenne sur les verres.

L’association de consommateurs dénonce également les raisons pour lesquelles de telles marges sont appliquées : les montants concernés servent à couvrir des frais fixes trop élevés et également des dépenses marketing totalement inconsidérées.

Les frais de distribution représenteraient ainsi environ 70 % du prix de vente hors taxes ce qui explique que les consommateurs français soient grevé du budget lunettes le plus lourd d’Europe c’est à dire un budget 50 % plus élevé que la moyenne.

Pointé aussi du doigt l’inflation exponentielle du nombre de points de vente (estimé à + 47 % depuis 2000), une augmentation bien supérieure aux besoins réels de la population. Le résultat peut en être désastreux pour le consommateur car chaque boutique vendrait ainsi trop peu et génèrerait un chiffre d’affaire trop faible pour pouvoir supporter ses propres coûts la réaction est alors inévitable, cette faiblesse des ventes se répercuterait directement dans le prix de vente aux clients.
UFC-Que Choisir aurait ainsi chiffré le surcoût généré à 510 millions d’euros par an pour les consommateurs, soit 54 euros par paire vendue.

Le marché sen lui-même ne serait pas des plus transparent : fin mars 2013, Marc Simoncini, le fondateur du célèbre site Meetic reconverti en e-opticien (Sensee.com) dénonçait les surfacturations et les pratiques anticoncurrentielles des grandes chaînes de distribution d’optique. Selon lui, le refus des distributeurs (Essilor et Krys en tête) de consentir à ce que les verres de qualité soient vendus sur internet empêche les consommateurs de réaliser des comparaisons et de faire baisser les prix. Krys de son coté justifie les tarifs français par la qualité des soins et des conseils prodigués et Alain Afflelou dénonce quant à lui les remboursements des mutuelles qui poussent à la consommation de lunettes plus chères.

La mutualité Française quant à elle réagi en dénonçant le mécanisme inverse ou ce sont les opticiens qui poussent au prix maximum en se basant sur le taux de remboursement possible par les mutuelles.

Bref tout le monde se regarde en chien de faïence, tout le monde dénonce les pratiques de l’autre mais en finalité il apparait que c’est bel et bien le consommateur final et par la même l’ensemble des contribuables qui en font les frais en ouvrant très largement leur portefeuille, bien plus que leurs homologues résidant dans d’autres contrées et pays … Cherchez donc l’erreur !

Enfin, en réaction à ce type de marché qui semble peu enclin a travailler de concert et déplorant l’absence de régulation publique, l’UFC réclame un encadrement de l’activité des opticiens et l’examen par le Sénat de la proposition de loi visant à permettre aux mutuelles de mettre en place des réseaux de soins qui pourraient faire baisser les tarifs. Sera-t-il entendu ? Suite au prochain numéro !


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Philippe Steinier a publié 3325 articles dans le blog Handimobility..

Président association Handimobility. Economiste - Licencié en sciences sociales

Article publié le : 29 avril 2013 dans la catégorie Santé & Médecine

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