L'accès aux maisons de retraites des personnes handicapées.

L’accès aux maisons de retraites des personnes handicapées.


L’accès aux maisons de retraites des personnes handicapées est un thème d’une actualité brulante qui doit faire l’objet de décisions urgentes et clairvoyantes . C’est ce que vous découvrirez dans cet article signé Julie CLERETTA que je remercie ici pour sa contribution de qualité a découvrir ci-dessous.

L’accès aux maisons de retraites des personnes handicapées

– S’il est un sujet épineux lorsque l’on aborde la résidence en maisons de retraites, c’est bien celui du handicap. A ce jour, et même si diverses expériences positives surprennent en France, il est très difficile de pourvoir à toutes les demandes. En cause, le fonctionnement des résidences et la qualification des personnels d’accompagnement et de soin. En effet, ces professionnels sont formés à l’assistance de personnes dépendantes, d’un point de vue physique, voire psychique, mais se révèlent démunis lorsqu’il s’agit de handicap mental.

– De plus, la durée moyenne de séjour d’un résident en maison de retraite se situe autour de trois ans (pour une entrée après 85 ans), alors que les personnes handicapées sont dépendantes bien plus tôt, et nécessitent donc un accompagnement d’une durée supérieure à dix ans. En effet, les selon une récente étude, 80% des Français indiquent qu’ils préfèrent vieillir à domicile, ce qui repousse souvent l’âge du départ en maison de retraite.

– Si le handicap physique des personnes âgées n’est donc pas un problème, les EHPAD sont aujourd’hui toutes équipées selon les normes d’accès aux handicapés, le handicap mental ne trouve que très peu de réponses à un accompagnement de qualité. Bien que les limites soient connues, cela n’empêche pas certains établissements à nourrir une réflexion permanente sur l’accueil de ce type de population. Développer les infrastructures sécurisées pour héberger les personnes atteintes de handicaps mentaux est un point crucial. Mais ce n’est pas le seul. L’accompagnement humain est primordial.

– Deux sortes de procédures sont employées de nos jours. Et dans les deux cas, c’est le lien entre la résidence et les associations spécialistes du handicap mental qui peut faire la réussite du projet. Sur ce point, l’UNAPEI répertorie d’ailleurs plus de 500 associations sur son site. Soit l’aide de l’association se limite au conseil sur la logistique, l’infrastructure et l’accompagnement dans la maison de retraite choisie, soit elle intervient directement auprès du public concerné au sein de l’établissement de retraite.

– L’interaction de plus en plus fréquente entre les institutions et les associations est une belle promesse de remédiation des problèmes rencontrés lors de l’accueil de personnes handicapées mentalement. Ceci permettra sans doute de faire baisser considérablement le taux d’échec. La voie semble donc être celle à suivre.

– Néanmoins, l’espérance de vie des handicapés mentaux s’accroît, comme celle du reste de la population. Et le manque de place se fait criant. On voit d’ailleurs de plus en plus de personnes se faire déplacer dans les EHPAD par manque de lits dans les établissements spécialisés. En outre, on assiste également à des cas de maltraitance qui n’ont aucunement leur place ni dans ces établissements ni ailleurs. Les témoignages des familles comme des professionnels se font de plus en plus nombreux, mais l’appareil semble long à faire bouger.

– Le souci principal vient du reclassement des adultes handicapés dès lors qu’ils ont atteint la limite d’âge pour rester en résidence spécialisée. De fait, sitôt leur soixantième anniversaire passé, on les déménage. Le changement d’univers brutal fait basculer tous les repères du résident, et tout le travail effectué pendant des années se trouve remis en question en seulement quelques heures. Peut-on mettre la faute sur les directives qui mettent la priorité sur la rentabilité, au détriment de la compréhension des besoins humains ? Nul ne le sait, mais la combinaison des deux est tout à fait possible comme ce qu’on a pu voir dans de nombreux pays développés.

– Il n’est pas question pour autant de conserver dans les établissements spécialisés pour adultes handicapés, des résidents trop âgés pour être correctement suivis. Néanmoins, on ne peut se contenter de simplement les déplacer ailleurs pour respecter un dogme basé sur le coût de la prise en charge, et non sur le respect de la vie.

– De plus, d’un département à l’autre, les règles peuvent être différentes. Les résidences de retraite sont sous la responsabilité juridique et administrative des conseils généraux. Il est donc impossible de tirer une conclusion globale pour toutes les maisons de retraites en France. De même, les associations agissent au niveau local, et même en cas de charte nationale, les bénévoles ou dirigeants de ces associations ne réagissent pas tous de la même façon en fonction du contexte local, ou départemental.

– Il serait donc grand temps qu’une directive permettant d’harmoniser la chose voit le jour. D’autant que le manque de place devient critique. Il est donc urgent de palier à ce manque rapidement, tout en étant capable d’anticiper sur les 20, voire les 50 années à venir.

Julie CLERETTA


Plus à propos de Philippe Steinier

Philippe Steinier a publié 3325 articles dans le blog Handimobility..

Président association Handimobility. Economiste - Licencié en sciences sociales

Article publié le : 09 avril 2015 dans la catégorie Institutionnel & Droit,Institutionnel et Droit

Partager cet article

Laissez un commentaire