Haut les Pattes : tout sur la médiation animale en relation avec les personnes handicapées.

Haut les Pattes : tout sur la médiation animale en relation avec les personnes handicapées.


Si vous consultez la plate-forme de financement participative bien connue « Kiss Kiss Bang Bang » (ne vous fiez pas à l’aspect ludique du nom car il s’agit d’un des leaders mondiaux du crowdfunding), vous serez certainement interpellé par le projet de Christelle Dodelin, 24 ans, étudiante en troisième année de psychologie qui désire mettre en place un service de médiation animale en relation avec les personnes dites en « difficultés » et les personnes handicapées.

Vus avez dit « médiation animale  » ? Mais qu’est ce que cela ? Pour en savoir beaucoup plus, autant le demander à Estelle elle-même.

Pour avoir déjà eu la chance de la rencontrer, je peux vous dire qu’elle est une véritable passionnée des animaux et du contact humain en liaison avec le handicap, ce qui m’incite à vous convier en fin d’article à vous rendre sur sa page participative et peut-être si l’envie vous en dit, de la soutenir dans la mise en place de son projet.

Alors, revenons à nos moutons, Estelle qu’est-ce que la médiation animale ?

« C’est une triste chose de songer que la nature parle et que le genre humain ne l’écoute pas », nous disait Victor Hugo.

L’intervention des animaux auprès des personnes en situation de handicap dans les institutions et à domicile est encore méconnue en France et n’est pourtant pas dépourvue d’intérêts thérapeutiques. Au-delà du reconnu chien guide d’aveugle qui accompagne et aide les personnes malvoyantes dans la vie quotidienne, l’intervention de nos compagnons de façon plus ponctuelle, à domicile ou en institutions, peut s’avérer d’une grande utilité pour les personnes à mobilité réduite.

La médiation animale est une pratique qui consiste en l’intervention d’animaux avec un professionnel formé, auprès d’une personne ou d’un groupe avec des objectifs préalablement définis.

L’objectif primaire est toujours d’offrir un mieux-être aux personnes concernées, par l’intermédiaire de la présence des animaux mais de nombreux intérêts spécifiques sous-tendent cette intervention :

Le rapport à la dépendance est par exemple modifié lors de ces interventions. En présence d’un animal, les personnes dépendantes passent d’un « statut de soignés au statut de soignants », en prenant en charge la toilette, l’entretien du lieu de vie de l’animal, l’apport en alimentation et en eau quotidienne.

En institution, la présence d’un professionnel de la structure lors des interventions permet aux personnes dépendantes d’avoir une relation différente avec l’équipe qui les prend en charge. Ils vont, sur ce moment, être amenés à travailler ensemble pour l’animal. De cette expérience, nous allons également pouvoir constater une responsabilisation et donc une revalorisation de la confiance en soi (ce qui pourra ensuite être repris lors de situations dans la vie quotidienne pour la gestion de crises ou problématiques spécifiques).

En parallèle, l’intervention d’un animal permet de travailler l’habileté, la motricité et la dextérité. Ces capacités sont stimulées en présence de l’animal. En effet, lors de lésions sur certaines parties cérébrales (qu’elles soient innées ou acquises), les personnes peuvent présenter une apraxie (entre autre) sur laquelle ils devront travailler pour pouvoir prodiguer des soins (toilettage par exemple) à l’animal. Les progrès de cet ordre se font sur le long terme mais nous avons pu constater lors d’une expérience professionnelle des évolutions sur quinze jours sur les praxies de certaines personnes très dépendantes sur le plan moteur.

L’apport d’un animal peut également favoriser et stimuler la solidarité et l’esprit d’équipe. Conformément à une expérience de psychologie sociale de Sherif, les jeux présentant un objectif commun (par exemple : attraper un lapin en liberté (dressé à cet exercice)) va permettre la coopération et la cohésion dans un groupe malgré les conflits relatifs à la vie en collectivité d’une institution. Les personnes valides sur le plan moteur peuvent se lancer à la « poursuite » de l’animal mais éprouver des difficultés compte tenu de l’habilité du lapin par exemple.

Alors, ils devront penser et mettre en place une « stratégie », avec l’aide des personnes invalides sur le plan moteur, afin de réussir ce but commun. Cela a nécessitera alors les capacités cognitives des uns et motrices des autres, ce qui au final permettra de valoriser le sentiment d’estime et de confiance en soi ainsi que la cohésion du groupe.

Ces objectifs ne sont que des exemples qui peuvent être multipliés et développés en fonction de l’intervenant, de l’intervention et des personnes concernées. Les interventions de médiation animale auxquelles j’ai pu assister et que j’ai pu mener ont toutes réellement montré des bénéfices sur divers plans : émotionnels, sensoriels, processus attentionnels

Mais, bien que cela tende actuellement à se développer, les interventions restent rares en France.

Elles sont bien souvent limitées par les protocoles sanitaires et par la méconnaissance de la pratique. De plus, afin de réellement proposer cet intérêt thérapeutique, il est indispensable que ces interventions soient réalisées par un professionnel (animateur socio-culturel, psychologue, psychomotricien, éducateur spécialisé…) qui présente, à la fois les connaissances nécessaires des personnes auprès desquelles il intervient, mais également les connaissances relatives aux animaux qu’il fait intervenir tout en sachant faire le lien entre le les deux.

Pour cela, il existe quelques formations privées d’intervenant en médiation animale onéreuses, notamment une à laquelle j’aspire pouvoir assister pour pouvoir pratiquer et analyser les situations avec plus de précisions.

Comme vous le constatez, Estelle Dodelin se positionne en tant que passionnée du monde animalier en relation thérapeutique avec le monde du handicap. En tant que jeune et future spécialiste de la médiation animale et vu sa motivation pour tout ce qui touche au domaine des personnes à besoins spécifiques, je vous convie vraiment, si le coeur vous en dit et, si cela vous est bien sur possible, à soutenir et à financer son projet.

Vous pourrez alors soutenir activement le développement de la médiation animale en envoyant par exemple un don par l’intermédiaire de la plate-forme participative de financement via le lien http://www.kisskissbankbank.com/la-mediation-animale-pour-les-personnes-en-difficultes (ou par voie postale, il faut alors contacter Estelle Dodelin en privé pour plus d’informations et ceci à l’adresse Hautlespattes33@gmail.com ). 

POUR EN SAVOIR PLUS :

Consultez la page Facebook relative au développement du projet « HAUT LES PATTES » sur https://www.facebook.com/hautlespattes

(1) L’expérience de la caverne aux voleurs réalisée par Shérif en 1966 analyse la notion d’appartenance à un groupe et met en avant le processus de coopération de deux groupes précédemment en conflit lors de l’instauration d’un but commun.


Plus à propos de Philippe Steinier

Philippe Steinier a publié 3325 articles dans le blog Handimobility..

Président association Handimobility. Economiste - Licencié en sciences sociales

Article publié le : 20 janvier 2014 dans la catégorie Accès à l'autonomie,Santé & Médecine,Société & Opinions

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