FRANCE : CAGNES-SUR-MER ABANDONNE LE PARKING PAYANT POUR LES HANDICAPES MAIS LE LIMITE A 1H30. BONNE NOUVELLE ? CERTAINEMENT PAS !

Place de parking pour handicapéDrapeau France Il faudra bientôt une encyclopédie avec soi pour s’y retrouver dans les dispositions relatives aux places de parking « handicap » que prennent les diverses villes françaises. Il faut beaucoup de courage, d’intelligence et de perspicacité pour s’y retrouver…

Enfin bon, cette fois, à l’inverse de la ville de Tarbes ( qui a décidé de faire payer le stationnement des personnes handicapées ) cette fois, c’est la ville de Cagnes-sur-Mer qui décide d’abandonner son système payant au profit de la gratuité mais sous conditions de durée de temps.

Gratuité :

Depuis le 1er janvier le stationnement sur les places réservées devient gratuit, même en zone payante. Mais pour en bénéficier, il faut aller récupérer un disque de stationnement et le placer en évidence sur le plat-bord.

Pourquoi faire simple lorsque que l’on peut faire compliqué ?

On peut se poser à juste titre la question de savoir si cette démarche n’est pas discriminante pour les personnes handicapées qui n’habitent pas la ville mais qui doivent elles aussi stationner dans des conditions précises.
Si il devient nécessaire de passer à la Mairie et faire file au guichet pour obtenir un une carte, un logo, un document, une télécommande chaque fois que l’on change de ville, la vie des conducteurs handicapés risque vite de devenir un véritable cauchemar !

Le justificatif :

Avant, Cagnes-sur-Mer faisait payer le stationnement pour éviter que certains conducteurs ne se les approprient et les privatisent. De cette façon, les places n’étaient pas squattées plusieurs jours et les handicapés pouvaient trouver une place plus facilement. Le passage à la gratuité montre que et argumentaire reste un peu spécieux ( voir ma chronique sur Tarbes ).

Une limitation :

Pour éviter le squat de places, le stationnement ne devient possible que pendant 1h30 au maximum et il faut bien entendu disposer de façon visible le macaron autorisant le stationnement sur une place bleue.
Notons que cette limite de temps est anormalement discriminante pour les personnes en fauteuil roulant qui mettent plus de temps à effectuer les transferts à partir de leur véhicule, qui vont moins vite et qui doivent perdre pas mal de temps pour compenser tous les obstacles urbains qui se présentent à eux.

Bilan plus que mitigé :

Même si 23 places passent du payant au gratuit il n’en reste pas moins qu’ajouter des démarches administratives au conducteur handicapé et appliquer une telle limite de temps est totalement inadéquate et rend la vie impossible aux conducteurs handicapés qui doivent se soumettre de plus en plus à des règles, formalités et conditions différentes de ville à ville. Les élus de la Mairie aimeraient-ils devoir effectuer des démarches dans chaque ville ou ils arrêtent, cela est peu certain, alors pourquoi imposer ce régime aux personnes moins-valides ?

Si chaque ville demande à la personne handicapée de remplir des formalités à chaque fois que nous avons besoin de stationner, si le régime payant/gratuit varie de zone à zone, si il faut acquérir un matériel ou des laisser-passer différents selon les décisions de chaque mairie, le parking pour personne handicapée aura perdu sa raison d’être.

Je voudrais rappeler ici ce simple bon sens :

« Une place de parking pour personne handicapée doit être simple et aisée d’accès, elle se doit de présenter les spécificité techniques nécessaires pour que le véhicule puisse utiliser les adaptions embarquées ( rampes d’accès arrières, latérales… ) et enfin ne présenter aucune limitation dans le temps pour compenser les difficultés liées au handicap et la perte de temps occasionnée par les obstacles urbains qui ne cessent de créer des entraves à notre mobilité en plus du temps perdu…

Mais comme je le disais, pourquoi faire simple lorsque l’on peut faire compliqué ?

Plus à propos de Philippe Steinier

Philippe Steinier a publié 3325 articles dans le blog Handimobility..

Président association Handimobility. Economiste - Licencié en sciences sociales

Article publié le : 20 janvier 2009 dans la catégorie 2009,Auto-car-moto,Discrimination

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