Face aux grandes actions nationales des Etats qui visent à lutter contre le cancer, le sida et certaines maladies invalidantes, les patients atteints de maladies neurodégénératives se sentaient bien seuls et très démunis.
Le secteur de la recherche dans ce domaine était bien pauvre face aux grandes causes nationales qui sont en places depuis des années. L’Europe vint de prendre conscience qu’il serait impossible d’aboutir à un résultat concret si chaque Etat membre agit dans son coin avec son petit budget et ses petites équipes. Trop de morcellement de moyens humains et financiers ont pour résultat que la lutte contre les maladies neurodégénératives avance à trop petits pas.
Des chercheurs de premier plan issus de toute l’Europe viennent de se réunir à Stockholm pour définir une stratégie de recherche paneuropéenne dans la lutte contre ces maladies telles que par exemple les maladies d’Alzheimer et de Parkinson mais la liste est loin d’être limitative.
Les initiatives de programmation conjointe visent à relever ces défis communs par la recherche sur fonds publics, en fédérant les chercheurs, les travaux de recherche existants et les organismes de financement nationaux et en assurant un partage plus efficient d’outils, de techniques et d’autres ressources entre États membres.
Le but est de restructurer et optimaliser l’efficacité de ces recherches à l’horizon 2020.
Grâce à ce programme conjoint, les meilleurs chercheurs en médecine d’Europe vont collaborer et mettre en commun des ressources pour aider les millions de personnes qui souffrent de maladies neurodégénératives. En rendant la recherche plus performante et en évitant toute reproduction inutile de travaux déjà conduits, le programme conjoint élargira les perspectives de progrès réel dans la prévention et le traitement de ces maladies. Les enseignements tirés permettront alors d’éclairer les efforts de recherche menés dans d’autres domaines.
Actuellement, 16 % des Européens ont plus de 65 ans et ce chiffre devrait atteindre 25 % d’ici à 2030. En 2006, le coût du traitement des maladies neurodégénératives pour les systèmes de santé en Europe s’est élevé, selon les estimations, à quelque 72 milliards d’euros. Les traitements existants des maladies neurodégénératives sont limités et s’attaquent essentiellement aux symptômes plutôt qu’à la cause de ces pathologies.
Dans un premier temps, ce travail impliquera d’établir un agenda stratégique de recherche sur les maladies neurodégénératives, avec des travaux de recherche fondamentale, clinique et sociale, ce dernier volet couvrant également les modèles de prestation des soins de santé.
Dans un deuxième temps, il faudra mettre en œuvre cet agenda en proposant des méthodes innovantes de mise en commun des compétences et des ressources pour pallier la fragmentation actuelle des efforts de recherche et éviter les doubles emplois.
Un conseil scientifique consultatif composé de 15 scientifiques comptant parmi les meilleurs spécialistes des maladies neurodégénératives en Europe et dans le reste du monde a été établi pour donner des conseils sur l’élaboration de l’agenda stratégique de recherche et sa mise en oeuvre. Ce groupe a commencé ses travaux le 15 avril 2010. Le conseil d’administration de cette initiative conjointe sera présidé par le professeur Philippe Amouyel.
Voici sans doute une vérité qui vaut aussi pour les autres secteurs de la recherche : rester morcelé dans chaque Etat ne conduit qu’a l’échec ou a une lenteur anti-productive en matière de recherche médicale. Seule la mise en oeuvre de programmes homogènes au niveau Européen permettra de relever les défis en des délais raisonnables.
Que celui qui a des oreilles entende !
(Sur base d’informations également publiées sur : http://secteurpublic.fr )
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